OPTION BAI HE GONG FA


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Nous avons donc libéré notre énergie martiale, dans le sens des sciences du corps chinoises, par l'ouverture des champs d'énergie de deux boxes initiales (fondements).

Le Tai Chi Gong Fu du Binh Dinh (Indochine), qui s'inspire en marge de la circularité du Tai Chi Chuan style Chen et du Yi Chuan pour le travail postural, nous a permis, d'un bout à l'autre de notre formation de base, de rencontrer les principes de ressourcement et d'amorti par la circularité en tant que geste et en tant que recours intra-corporel.

Le Wing Chun (version Leung Ting), travaillé comme corps dur de cette formation de base, par de nombreux cours de formation chaque semaine pendant à peu près trois années, nous a obligé à une attitude centrée, au coeur des circonstances violentes, et à la subversion de l'antagonisme, par des attitudes martiales et une structure du corps directement issues des mimétiques de la boxe de la Grue Blanche, et l'appréhension féminine du coeur du geste, du coeur du corps.

Le Tai Chi Gong Fu du style Binh Dinh, région et ville sur les rivages indochinois faisant face à la Chine, présente comme beaucoup de Kung Fu, des attitudes et évolutions intimement liées à tel ou tel animal. La Grue Blanche (dont le Wing Chun est une descendance mimétique) est donc, selon la psychologie physiologique de chacun, l'un des animaux possibles de ce panthéon énergétique, indice de présence et travail de soi.

C'est le travail basique et élémentaire du Yi Quan et plus précisément du Nei Quan Shan de maître Ming Shan qui nous a donné la solution de cette équation intime, de ces coordonnées intrinsèques.

Nous avions d'ailleurs sollicité l'école du Poing de la Grue Blanche Style Fukien du maître Dong Mu Yau à Taiwan, qui nous avait invité. Nous n'avions pu alors donner la moindre suite à cette invitation. C'est donc avec un grand bonheur que nous retrouvons une technique de travail correspondante.

Le travail de Yi Chuan étant basé sur le travail postural, plus précisément le travail de Nei Quan Shan étant basé sur le Ting Jin (l'écoute du cours interne de la force), par des ondulations de la posture, nous n'avons que formaté, mais avec respect et attention, des postures qui figurent la présence de l'animal Grue Blanche (de son âme - de son être) auxquelles nous donnons vie par la circulation interne de la force, le sentiment de reliement.

Ce sont ainsi, en quelque sorte un Xing Zhuang, des enchainements de postures, qui représentent l'animal (Bai He - La Grue Blanche), dans l'ordre de nos évolutions.  Les positions sont massives, les postures de jambes très légèrement évasées vers l'intérieur, les positions des bras légèrement évasées vers l'extérieur, le corps lourd et souple, centré sur la ceinture - la taille.

La base est le travail postural type Huo Bu Zhuang ondulatoire, avec une grande importance de la posture de l'arbre, ou disons plutôt, en mimétique, la posture de repos - d'hiver (...) de la grue.

La caractéristique est que la main, au lieu de se tenir bien ouverte comme tenant une large balle de coton, cette fois est ouverte telle qu'elle est tenue dans la position de zazen du Zen, soit le pouce distinct vers l'intérieur des doigts joints ou mi-joints. Il en va ensuite de même dans toutes les attitudes de la main qui est ainsi relachée.

Les postures sont avant tout des postures de bras, une cohérence pour chaque posture, ou avant-bras et bras sont distingués et francs, dans la mesure ou c'est la "jonction antagonique" de l'un et l'autre qui entreprend la force. Les mains sont en posture dite "façon zazen", parfois en pique avec les doigts non pas clos mais comme tenant une "boule de pain" vers le bas ou vers le haut (la grue lutte et se tient pour se nourrir).

Les postures de jambes sont légèrement évasées vers l'intérieur lorsque la position est de front, et lorsque le pas est pris, le tronc est à égale distance du pas avant et du pas arrière, poussant distinctement de chaque jambe au même moment.

Il y a un même travail des postures centrées de bras, mais en position accroupie de biais pour fonder une centration distincte de la position debout ou de la position seulement posée, déposée. Puis le même travail de postures encore mais debout, le tronc / le buste en pivot sur un champ à près de 360 degrés sur les jambes stables.

Il y a sur le pas lent et stable un travail de base de distinction des deux bras, pratique de l'assymétrie, ainsi qu'un travail de circularité du champ du geste, selon différentes circonvolutions, unies ou recroisées, commençant par la circonvulation vers soi (chargement), avant la circonvulation vers l'autre (déchargement).

Pour terminer (cinquième temps), il y a un travail de postures globalisées sur le pas court, de biais, et en pointe, avec déploiement postural du haut du corps, de petits sauts impromptus d'alerte.

Nous vous présenterions cette pratique qui fut formalisée par notre travail de recherche, encontre et rencontre. Si le Zen Do Ken est la présence du corps sur l'axe et l'inertie verticale, le Bai He Gong Fa est une gymnique qui renforce la centralité du corps.


BANDE SON

ILLUSTRATIONS

Jean-Philippe Morel alias Filoche propose les dessins qui illustrent ce blog philosophique et littéraire. C'est d'un véritable Gong Fu / Kung Fu du dessin. Trois "coups de poings déclinés" avec encre de chine et pinceau chinois de calligraphie.

SOLDAT DE VENT

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